La belle époque


Parce que oui, c’est beau d’y croire
4 décembre 2008, 2:13
Classé dans : actualité, politique

coalition

http://www.majoritede62pourcent.ca/



Lecture recommandée
17 octobre 2008, 4:06
Classé dans : actualité, monde, politique, révolte

Stephen Harper devrait lire L’âge de l’accès de Jeremy Rifkin (Président de la Fondation on Economic Trends, à Washington) car lorsque je le vois agir ou parler, je constate qu’il est loin d’avoir compris la véritable nature des changements qui s’opèrent dans le monde et la nouvelle culture capitaliste. La droite conservatrice, entre autres, est convaincue d’une idée qui s’avère fausse la plupart du temps, c’est-à-dire le principe “que c’est une économie saine qui nourrit une vie sociale active” alors qu’il s’agit presque toujours du contraire. Rifkin dit qu’une économie qui prospère est une économie qui s’appuie sur la force des liens sociaux et communautaires. Certaines institutions internationales commencent à saisir le changement qui s’opère dans les sociétés, c’est-à-dire la forte relation entre économie et culture. Après avoir pensé que le renforcement de l’économie favoriserait le développement social et constaté l’échec d’une telle démarche, les organismes se sont rendus compte que l’économie dépendait de la force de ce fameux lien social, et non le contraire.

La portée et l’étendue des activités du troisième secteur, celui qu’on nomme culture, surpassent plus que souvent celles du secteur de l’État ou encore du secteur privé. Tout cela participe à l’articulation de revendications, à la dénonciation d’abus de pouvoir. La culture est indispensable à la survie des sociétés démocratiques.

En plus de tout cela, dans l’ère d’un hypercapitalisme, la culture s’avère le point central de l’économie mondiale. Car de nos jours ce ne sont plus les possessions matérielles qui comptent, mais la consommation d’expériences, la vente de services. Ces expériences de tous genres sont rendues le marché actuelle et il est primordiale de comprendre ces nouveaux enjeux qui construiront notre futur économie (et qui la construisent déjà d’ailleurs)

Si vous voulez un résumé du livre vous pouvez cliquer sur le lien suivant: http://www.cndp.fr/revueDEES/notelecture/200510-15.htm



Coupures en culture
19 septembre 2008, 11:36
Classé dans : actualité, culture, politique, révolte



Économie de marché en Chine durant la révolution culturelle
31 mai 2008, 2:25
Classé dans : monde, politique, révolte

« Petit bond »

 

            En juillet 1955, c’est le recouvrement rapide du mouvement des coopératives au pays. Et Mao se sert de la croissance des ces dernières pour joindre le politique à l’économique. Leur potentiel de mobilisation est mis en œuvre lors d’un plan de développement agricole : « Mao ne cherche pas à mieux répartir un surplus mesuré, mais à créer du surplus à partir du travail activé de la base en complément du développement industriel planifié » Dans le milieu des années 50, cette vague collectiviste, pourrait-on dire, est qualifié de « petit bond », et elle sera la cause de bien des conflits dû à une croissance trop rapide (crise du logement, insatisfaction des « nationalisés » et bureaucratie qui contrevient à celle de l’ancien système de pouvoir). On cherche, avec les coopératives supérieures à s’attaquer aux inégalités entre les villes et les campagnes et entre les groupes sociaux. Mao fait appel à la mobilisation politique de la main d’œuvre afin de créer des ressources complémentaires.

 

Ce petit bond était fortement sous l’influence du mouvement soviétique, et la Chine cherchera, par la suite, à s’en éloigner. C’est le Grand Bond en avant qui tranquillement fait sa trace afin de mieux entrer dans l’histoire.

 

 

Le Grand Bond en avant

 

« La victoire politique ne sera pas transformée en réussite économique et sociale. De là une dispute qui brise en dix ans la coalition de Yan’an en faisant de Mao l’organisateur exalté puis contesté d’une échappée dans l’utopie : le Grand Bond en avant. »

 

Le Grand Bond est une réforme agraire ayant pour but l’éloignement du modèle soviétique. Tout d’abord, le Grand Bond est une campagne du Parti Communiste Chinois de République populaire de Chine qui a duré 2 ans (1958-1960) et qui avait pour but l’industrialisation rapide du pays. Le Grand Bond possédait un but fondamentalement économique puisqu’il visait l’accélération du développement à ce niveau, mais également l’accélération technique de la Chine, le tout se voulant obtenir des résultats meilleurs que ceux qui avaient pus être obtenus durant les premières années du régime (premier plan quinquennal). Le Parti croyait pouvoir atteindre les objectifs fixés en utilisant les ressources locales le plus efficacement possible et cela pour la synchronisation du développement agraire et industriel. Le concepteur de ce magnifique projet, Mao Zedong, avait dans l’intention de donner une nouvelle orientation politique à son pays, la Chine. Il est difficile pour nous aujourd’hui de comprendre les causes d’un tel désastre économique, écologique et humain, mais c’est pourtant dans cette voie que la Chine a décidé de s’engager en 1958. Si le tout est difficile à concevoir, c’est que les dirigeants communistes chinois avaient, quelques années auparavant, engagé un programme de développement industriel très classique. Il devient alors plutôt surprenant que ces mêmes dirigeants soient, par la suite, à la tête de la politique économique la plus surprenante et la plus irrationnelle de ce siècle.

 

La remise en cause du  système soviétique

 

            Les Chinois avait, avec ferveur et cela jusqu’aux années 1950, suivi le modèle soviétique en investissant dans le développement industriel. Mao possède la conviction que le projet de L’Union soviétique doit être adapté à la situation chinoise. L’erreur du Parti a été de ne voir que les bons côtés de ce système pourtant loin d’être parfait.

 

Dans les années 1930, les soviétiques, pour financer le développement de l’industrie et nourrir les travailleurs, avaient utilisé l’exportation des produits agricoles. Pourtant, cette collectivisation obligatoire des fermes et la famine qui s’en suivie (dû à la volonté de garder les surplus pour le développement industriel) causa la mort de millions de paysans. Or, des différences importantes subsistent entre la Chine et l’Union soviétique entre autres au niveau de la population, la population chinoise est quatre fois plus élevée, et de la productivité agricole, la production d’un paysan chinois en 1958 ne vaut que la moitié de celle d’un paysan soviétique. Mao voit en la paysannerie une source d’appui et même un substitut à un capital rare. Mais Mao Zedong s’inquiète lors de la déstalinisation qui débute au XXe  congrès du Parti communiste d’Union soviétique et lors de l’insurrection de Budapest (1956), car celle-ci montre « la face cachée » d’un modèle qui est loin d’être parfait tel que les dirigeants chinois avaient bien voulu le voir. Ce moment marquera alors le début de la rupture entre la Chine et l’Union soviétique.

 

Communes populaires

 

            À partir de 1958, et en l’espace de quelques mois, ce sont près de 125 millions de familles qui sont regroupées dans près de 740 000 fermes collectives fédérées par près de 26 000 communes populaires. En effet, les exploitations collectives sont regroupées en unités de dizaine de milliers d’habitants. Au détriment de la famille, s’instaure le cadre de la commune populaire faisant la promotion de la décentralisation de la société chinoise. Les villes sont mêmes appelées à atteindre leur autosuffisance alimentaire! Chaque commune contrôlait effectivement ses moyens de production et elle opérait de façon indépendante. Ce modèle de fonctionnement envisageait l’autosuffisance dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de l’administration et de la sécurité locale. Il s’agissait d’un espoir qui permettrait la libération des ressources pour les travaux d’infrastructure prévus dans le fameux plan de développement. Selon les différentes régions, le système s’installait parfois de manière extrémiste : les cuisines et les crèches devenaient communes, l’emphase était mis sur la communauté qui s’opposait au modèle traditionnel de la famille, des foyers familiaux étaient même parfois transformés en dortoirs communautaires.

 

Dès 1959, la population montre des signes de réticences et de manifestation. Le Parti va même jusqu’à présenter un faux rapport qui montrait un constat positif de la production de 1958. Il aurait fallu agir tout de suite, avant que les conséquences économiques du Grand bond, qui commençaient déjà à se faire sentir, deviennent irréparables et surtout désastreuses du point de vue écologique et humain également.

 

Tel que mentionné plus haut, les conséquences du Grand bond se font sentir et commencent à faire des ravages: on manque de matières premières pour les industries, des surplus de biens de mauvaise qualité s’accumulent, le tout est mal géré, les usines et les infrastructures se détériorent et la population se démoralise complètement, y compris les cadres du Parti. La population sombre tranquillement dans la dégénération complète lorsque que des pénuries de nourriture apparaissent et font place à la grande famine dans plusieurs régions de la Chine.  

La grande famine

Pendant la famine de 1959-1961, les camps se transforment en mouroir. 3 à 4 millions de personnes y meurent de faim. La récolte est encore plus désastreuse que l’année précédente. En plus de la grande famine que connaît le pays, les provinces du nord sont touchées par une sécheresse de trois ans. Il y a des manques partout, même dans les régions les plus favorisées où on manque de bois pour les cercueils. Mais les principales victimes de se désastre sont les paysans. Un peu partout, les corps gisent dans les champs et les survivants ne peuvent même pas les enterrer par manque de forces. L’humain devient animal et marche à quatre pattes sur le sol pour se nourrir de graines sauvages, et ces derniers sont battus lorsqu’on les surprend, ou encore se retrouvent accroupis dans les mares et les fossés pour ramasser de l’herbe et chasser les grenouilles. Les poulets et les canards avaient été confisqués par les cadres du Parti et plus aucun bœuf ou chien n’était abattu, ni aucun oiseau chassé et tué, c’était un silence bien étrange qui régnait dans les campagnes où la mort faisait son chemin partout. La plupart des chinois étaient squelettiques et s’écroulaient dans leur sommeil, sans bruit, et pour ne plus jamais se réveiller.

1960 est sans doute l’année la plus sombre que la Chine est connue et également une preuve de plus dans l’histoire de l’humanité que l’homme peut descendre bien bas. Les femmes n’arrivaient même plus à donner naissance et les jeunes enfants étaient sacrifiés, car on donnait leurs rations aux aînés. L’homme retrouvait son côté animal alors que le cannibalisme était devenu essentiel à la survie. Les paysans allaient tailler des pièces dans les cadavres la nuit pour se nourrir et ceux qui se révoltaient étaient tout simplement battus. On pousse même jusqu’à faire l’échange d’enfants pour les manger (yizi er shi). Lorsqu’il y a des morts, on les cache pour conserver leurs rations. Dû à cela, Mao doit envoyer des équipes de cadres pour trouver ces cachettes où on entreposait les morts. Les maigres rations qu’on leur donnait n’étaient absolument pas convenables à leur survie et ont donc occasionnées les atrocités décrites précédemment.     

Un désastre économique, écologique et humain

Le constat du Grand bond est plutôt troublant, horrible même, autant au plan économique qu’écologique et, très certainement, humain. L’absolu désir de vouloir atteindre les chiffres souhaités a considérablement nui à la qualité de la production ; les 3 millions de tonnes d’acier qui sortent des fourneaux sont inutilisables et donc pas vendables à l’étranger, et à la machinerie industrielle qui s’effondra au début des années 1960. Dans certaines régions, la production fut très affectée et redescendit en dessous de son niveau de 1949, mais en général, c’est de cinq à dix ans que l’économie chinoise a perdues. Du point de vue écologique, des dommages irréparables ont été causés et les terroirs sont épuisés. Sans compter les victimes de la révolution culturelle qui n’a pas encore eu lieu à cette époque, le Grand bond fait de Mao Zedong un des plus grands meurtriers de l’histoire avec un nombre de victimes allant de 20 à 30 millions selon les différentes opinions et faits recueillis. Ce chiffre est en effet difficile à évaluer surtout si on considère le fait que ces statistiques nous ont été transmises seulement dans les années 1980.

La retraite

            Le Grand bond en avant se termine par des gémissements plutôt qu’une confrontation, et le Parti communiste chinois perd tout son prestige durant ces années de noirceur (1958-1965). Les chinois sont fermés, de manière définitive, à toute tentative visant une nouvelle collectivisation, et sont également hostiles aux idées communistes, mais ces réticences viennent surtout du mouvement paysan. De plus, le Grand bond en avant sème la pagaille derrière lui dans le système politique en le divisant en deux clans qui s’opposeront sans relâche jusqu’à la mort de Mao. Seul quatre alliés lui resteront, et nous savons, par la suite, ce que la Bande des Quatre causera comme dommages durant la révolution culturelle dans les années qui ont suivies.