Personne n’a raison, personne n’a tort. Tout le monde dit ce qu’il croit être la vérité ou ce qu’il sait très bien être un mensonge. L’objectivité est une pure invention de l’humain, une entité qu’il vénère. Oui, comme on Dieu auquel on croit aveuglément, pour lequel on se bat, pour lequel des gens meurent, pour lui qui n’existe que dans la conscience collective, pour lui qui n’existe que comme idée. Rien de plus, rien de moins. Votre esprit est plus fort que vous le pensez. Mais votre peur d’être seul est si grande que vous préférez croire que le force se trouve à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur. Les vérités sont partout, elles sont en vous, comme la lumière et l’espoir qui vous sauveront, car Dieu ne le fera pas à votre place.
Un homme est toujours la proie de ses vérités. Ses vérités. Oui, parce qu’il n’en existe pas qu’une seule. En plus de nous appartenir, les vérités nous sont propres. Nous les discernons comme nous découvrons la vie, un jour à la fois. Puisse-t-elles ne jamais s’enraciner dans la certitude pour que nous puissions continuer à les partager avec autrui tout en continuant à les chercher partout. Parce qu’il n’y a pas plus bel objectif que de vouloir sans cesse s’améliorer.

La notion de culture en est une des plus difficiles à saisir. Elle peut être considérée de différentes façons, soit comme l’ensemble des traits qui caractérisent une société ou encore comme tout ce qui englobe « les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » La culture, c’est ce qui chaque jour tente d’être reconnue afin de faire valoir sa vraie place au sein du développement de l’humain et de la société dans laquelle vit celui-ci. Dans le tourbillon capitaliste d’aujourd’hui, il n’est certes pas évident de faire valoir la culture comme un élément aussi important pour l’humain qu’un profit économique.
L’idéologie de développement actuelle est caractérisée par trois facteurs dominants dont, entre autres, « une conception linéaire et mécanique de l’histoire qui présuppose que toute société doit passer obligatoirement par les mêmes étapes de développement. »Or, cette idéologie ne tient pas compte des spécificités et des modes de vie différents de chaque société. N’importe quel projet de développement devrait tenir compte des réalités socio-culturelles qu’il est censé développer pourtant, ce n’est pas toujours le cas. On ne peut pas attribuer de caractère universel à l’idéologie de développement tout comme on ne peut pas attribuer un caractère universel à la culture, car si la culture peut être acteur de solidarité, elle est également un facteur de différenciation. Une remise en question des facteurs de base du développement serait peut-être à évaluer alors. En effet, l’aspect économique semble prendre une trop grande importance et cela, au détriment du développement centré sur l’homme : « On oublie ainsi que le « développement » n’est pas seulement la « croissance économique ». Pour être multidimensionnel et intégral, il doit se centrer sur l’homme. »Le critère économique a marqué l’idée de développement et il est difficile d’y remédier, d’en modifier les concepts. Non pas que le critère économique doit être effacé complètement de l’idée dominante de l’idéologie de développement, mais peut-être peut-on espérer qu’elle laisse un jour une place à la dimension culturelle afin de donner naissance à de nouveaux concepts de politique sociale et économique. Il est évident que la dimension culturelle du développement possède sa place dans la résolution des problématiques sociales. Cette place, elle l’aura « lorsqu’on aura dépassé le mythe de la croissance économique constante et qu’on aura reconnu que les instruments d’analyse et de politique économique dont on dispose pour faire face à la crise qui sévit dans le monde sont limités. »
Pourquoi la culture est-elle si essentielle à l’humain? La culture fait de l’homme ce qu’il est, ce qui le défini : « C’est la culture qui fait de nous des êtres spécifiquement humains. » L’homme a ce besoin vital de s’exprimer afin de prendre conscience de lui-même. Il remet sans cesse en question ce qu’il est et ses propres réalisations parce qu’il a ce besoin essentiel de trouver de nouvelles significations à ce qui l’entoure. Et tout cela, c’est par la culture qu’il le fait. Elle est non seulement essentielle à l’homme, mais dans une perspective de développement, elle peut aussi jouer un rôle extrêmement positif. La culture est ce qui défini chacun d’entre nous, autant en tant qu’individu qu’en tant que collectivité, et on se doit de s’en servir afin de régler les problèmes fondamentaux du monde contemporain. Son utilité, en effet, est d’une extrême importance dans le développement du monde parce que « si la culture définit la personnalité d’une communauté, elle détermine également son ouverture aux autres dans un monde où aucune culture ne peut plus survivre dans l’isolement. » La culture prend toute son importance dans l’idéologie de développement et elle se doit de prendre sa place, entre autres, au niveau du maintien de la paix où elle peut jouer un rôle des plus importants. Elle pourrait faire valoir les affinités essentielles qui réunissent les humains du monde entier afin qu’ils se reconnaissent enfin un avenir commun.
Il est aussi important de noter le statut immuable de la culture, c’est-à-dire de prendre celle-ci dans une perspective de continuel changement : « On peut concevoir la culture comme une force créatrice permettant de faire face au changement et de l’intégrer. » La culture est avant tout un concept plutôt qu’une réalité. On doit prendre celle-ci sous la forme d’une idée qui s’est développée au cours des années. Si la culture est si difficile à cerner c’est, entre autres, dû à son caractère contradictoire, à sa dualité, puisqu’elle est à la fois un héritage du passé et cette force créatrice face au changement tel que mentionné. La culture est ce qui différencie les individus des autres, mais elle est également ce qui les rassemble et qui parfois, même, les détruit. Dans une optique de développement, je crois que la culture doit s’inscrire dans un concept en évolution, dans une idée d’ouverture sur le monde plutôt qu’enfermée sur elle-même tel qu’il en est question dans Le rapport mondial sur la culture 1998 de Robert Borofsky. Le problème de nos sociétés modernes est que le changement fait peur. L’humain déplore constamment la perte des valeurs, de l’identité culturelle, de la culture en fait. Il oublie que la culture ne disparaît pas, mais plutôt qu’elle évolue. C’est plutôt d’accepter l’idée du changement qui est difficile. Tout comme l’humain, la culture s’imprègne des autres pour se créer sa propre identité. Ainsi, chaque culture tire son essence des cultures qui lui sont voisines : « Il n’existe pas de culture hermétiquement fermée […] toutes les cultures sont influencées par d’autres cultures, sur lesquelles elles influent à leur tour. » Tout comme le monde et les êtres humains qui y vivent, la culture doit évoluer si elle veut rester en vie, si elle veut conserver un sens aux yeux des humains. On dit souvent que « les temps changent et les mentalités aussi ». Il en va de même pour la culture, et c’est tout à fait normal.
Je crois que la culture possède une place des plus essentielles dans le développement, j’irais même jusqu’à dire que l’un ne va pas sans l’autre puisque tous les deux sont en continuel changement. La culture est un de ces sujets actuellement explosifs en plus d’être l’un des termes les plus durs à définir. Un des discours qui est récurrent aujourd’hui face à la perte de nos valeurs devrait justement être pris comme « un processus créatif de reconstitution et de réaffirmation desdites valeurs. » Le fait de prendre conscience du changement est une façon de se regarder nous-mêmes en tant que peuple à savoir où nous sommes allés, où nous sommes rendus, et surtout vers quoi nous nous dirigeons.
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Image par False illusion : http://falseillusionphoto.wordpress.com/

Est-ce qu’une certaine forme de franchise est encore possible dans ce monde de mensonges illusoires où la vie de chacun se qualifie de simple autofiction? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous, continuer à vivre dans le superficiel et accepter le mensonge qui vous va le mieux, ou creuser un peu plus loin et accepter certaines vérités, qui certes ne sont pas toujours faciles à entendre, mais qui peuvent, au-delà de nos attendes, nous faire grandir davantage qu’à l’intérieur de notre quotidien monde d’illusions? À chacun des jours de notre vie, nous nous contentons d’obtenir des autres les discours que nous souhaitons entendre, parce qu’ils nous rassurent et flattent notre confort personnel. Voir la vie d’un autre œil c’est aussi être bien dans son corps et dans son esprit, mais aussi savoir se remettre en question lorsqu’il se doit. L’homme est fait de doutes et c’est ce qu’y fait qu’il évolue constamment. L’humain qui cesse de se poser des questions n’est plus un homme, mais un être qui prend son mensonge comme habit de tous les jours. La franchise, c’est tenter de ne pas se mentir à soi-même et aux autres, c’est établir des certitudes qu’on remet en cause par la suite, car rien n’est plus incertain que la vérité, car la vérité n’existe pas. Tout ce qu’elle possède c’est des points de vue qui aiment à évoluer pour que l’humain ne cesse de grandir afin qu’il sorte de son état de stagnation qui, certes, pourrait être beaucoup plus rassurant. Les choses sont plus faciles à dire qu’à faire me direz-vous? C’est bien vrai. Mais rien n’est acquis et tout est à construire, y compris votre vie.
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Image : http://limubay.deviantart.com/art/lips-61229748