La belle époque


La culture doit-elle être considérée comme un droit?
29 août 2008, 3:31
Classé dans : culture, monde, révolte

« La reconnaissance des « droits culturels » doit avant tout permettre aux individus d’accéder à leur propre culture, de mieux la connaître, de participer à sa reproduction et son développement. »

Chaque être humain devrait avoir accès à la culture. Il devrait y accéder au même titre que les autres droits mentionnés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il est vrai que lors de sa sortie en 1948, les droits économiques, sociaux et culturels représentaient une des principales innovations, mais le niveau culturel restait quand même l’aspect sous-développé de la Déclaration universelle. En effet, pas plus de quatre articles sont consacrés au domaine culturel. Est-ce normal, l’humain devrait-il réclamer haut et fort que la culture est un droit? Souvent, lorsqu’on parle de droit culturel celui qui nous vient en premier est le droit à la liberté d’expression, et c’est souvent celui également qu’on a tendance à défendre en premier. L’homme a besoin de savoir qu’il possède sa liberté, qu’il n’est pas brimé dans ses droits. Le droit à la culture est aussi lié au social, c’est-à-dire au droit qu’ont les groupes minoritaires, par exemple, de préserver leur identité culturelle. Évidemment, ce droit a automatiquement des conséquences sur les autres droits, plus précisément au niveau économique, social et politique. Pour clarifier la culture en tant que droit, « il convient donc de distinguer deux conceptions de la culture : l’une envisage la culture comme un processus, l’autre comme un système. » La première conception voit en la culture un domaine dynamique de création autant au niveau artistique que scientifique. La culture de cette façon est un domaine libre à l’expression créatrice, c’est un processus et non un système. Il en va autrement pour la seconde conception qui, elle, est perçue comme un système, un ensemble de valeurs et de symboles d’un groupe culturel. C’est un ensemble cohérent et autonome et non un processus créatif. On voit dans la seconde « ce qui fournit aux individus les repères et les significations dont ils ont besoin pour se conduire et nouer des relations sociales dans la vie de tous les jours. » Le droit à la culture devient alors essentiel à l’humain afin qu’il puisse vivre sainement. Il a besoin d’accéder à sa propre culture et également de créer, de s’exprimer.

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Image : http://dagmaroon.deviantart.com/art/La-culture-est-89965501

 

 



Qu’est-ce que l’art aujourd’hui?
20 août 2008, 7:44
Classé dans : art, monde

« Créer ne se fait pas sur du néant. »

 

            Du Moyen Âge à aujourd’hui, les conceptions de l’art ont énormément changées. Selon Georges Duby, l’œuvre d’art, au sens qu’on donne à ce mot aujourd’hui, n’existait pas : « L’œuvre d’art n’existe pas en tant que telle avant la fin du Moyen Âge, parce qu’elle ne répond pas aux conceptions qui sont les nôtres et qui sont les héritières de celles qu’ont formulées les hommes de la Renaissance. » En fait, à l’époque médiévale, aucun terme ne désignait collectivement la peinture, la sculpture, l’architecture, la poésie, la musique et la danse puisque le mot « art » définissait un type de savoir et était utilisé en relation avec la science. L’art, selon nos conceptions, doit reposer sur un marché ouvert; or à cette époque il s’agit d’un marché fermé, presque réservé en exclusivité à l’Église ou encore pris comme un moyen de prouver la richesse et la noblesse de son statut. L’œuvre d’art avait une fonction d’affirmation de pouvoir, c’était un objet utile. C’est loin de ce qu’aujourd’hui nous avons comme perceptions face à l’art. Mais de nos jours, qu’est-ce que l’art en fait? Le marché de l’art est tellement vaste qu’on a de la difficulté à savoir ce qui est de l’art et ce qui ne l’est pas. On n’en vient à ne plus savoir à quoi s’identifier. La vision de l’art, depuis les temps médiévaux à aujourd’hui, a résolument changé, mais qu’en est-il de l’art aujourd’hui? Serions-nous en train d’assister à un divorce entre l’art et ses publics? Le problème vient, entre autres, du fait que l’art prend des formes variées et répond parfois à des exigences qui le rendent moins facilement lisible qu’auparavant. Il devient alors peut-être moins évident pour l’humain de s’identifier à quelque chose dont les limites ne sont pas établies, quelque chose qui semble plutôt vaste et, surtout, insaisissable. L’art d’aujourd’hui s’interroge beaucoup plus sur ce qu’est l’art que sur la beauté du résultat. Le sens de cet art échappe très souvent au grand public même. L’art moderne est fait en fonction de soi et non des autres. C’est le besoin de transmettre quelque chose. L’art est bien souvent, je crois, reflet de la société, de ses problématiques. Aujourd’hui, nous avons même tendance à dire que tout est de l’art, mais « si tout est art, rien n’est art. » Alors où en sommes-nous maintenant, à la fin de l’art?

 

 « Ce que nous appelons commencement est souvent la fin. La fin, c’est l’endroit d’où nous partons. » – Thomas Stearns Eliot

 

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Image : http://smth-fresh.deviantart.com/art/Smoke-Color-1-40540326

 

 



« La culture…ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.»
16 août 2008, 10:35
Classé dans : art, culture, monde, philosophie

 

La notion de culture en est une des plus difficiles à saisir. Elle peut être considérée de différentes façons, soit comme l’ensemble des traits qui caractérisent une société ou encore comme tout ce qui englobe « les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » La culture, c’est ce qui chaque jour tente d’être reconnue afin de faire valoir sa vraie place au sein du développement de l’humain et de la société dans laquelle vit celui-ci. Dans le tourbillon capitaliste d’aujourd’hui, il n’est certes pas évident de faire valoir la culture comme un élément aussi important pour l’humain qu’un profit économique.

 

 

L’idéologie de développement actuelle est caractérisée par trois facteurs dominants dont, entre autres, « une conception linéaire et mécanique de l’histoire qui présuppose que toute société doit passer obligatoirement par les mêmes étapes de développement. »Or, cette idéologie ne tient pas compte des spécificités et des modes de vie différents de chaque société. N’importe quel projet de développement devrait tenir compte des réalités socio-culturelles qu’il est censé développer pourtant, ce n’est pas toujours le cas. On ne peut pas attribuer de caractère universel à l’idéologie de développement tout comme on ne peut pas attribuer un caractère universel à la culture, car si la culture peut être acteur de solidarité, elle est également un facteur de différenciation. Une remise en question des facteurs de base du développement serait peut-être à évaluer alors. En effet, l’aspect économique semble prendre une trop grande importance et cela, au détriment du développement centré sur l’homme : « On oublie ainsi que le « développement » n’est pas seulement la « croissance économique ». Pour être multidimensionnel et intégral, il doit se centrer sur l’homme. »Le critère économique a marqué l’idée de développement et il est difficile d’y remédier, d’en modifier les concepts. Non pas que le critère économique doit être effacé complètement de l’idée dominante de l’idéologie de développement, mais peut-être peut-on espérer qu’elle laisse un jour une place à la dimension culturelle afin de donner naissance à de nouveaux concepts de politique sociale et économique. Il est évident que la dimension culturelle du développement possède sa place dans la résolution des problématiques sociales. Cette place, elle l’aura « lorsqu’on aura dépassé le mythe de la croissance économique constante et qu’on aura reconnu que les instruments d’analyse et de politique économique dont on dispose pour faire face à la crise qui sévit dans le monde sont limités. »

 

Pourquoi la culture est-elle si essentielle à l’humain? La culture fait de l’homme ce qu’il est, ce qui le défini : « C’est la culture qui fait de nous des êtres spécifiquement humains. » L’homme a ce besoin vital de s’exprimer afin de prendre conscience de lui-même. Il remet sans cesse en question ce qu’il est et ses propres réalisations parce qu’il a ce besoin essentiel de trouver de nouvelles significations à ce qui l’entoure. Et tout cela, c’est par la culture qu’il le fait. Elle est non seulement essentielle à l’homme, mais dans une perspective de développement, elle peut aussi jouer un rôle extrêmement positif. La culture est ce qui défini chacun d’entre nous, autant en tant qu’individu qu’en tant que collectivité, et on se doit de s’en servir afin de régler les problèmes fondamentaux du monde contemporain. Son utilité, en effet, est d’une extrême importance dans le développement du monde parce que « si la culture définit la personnalité d’une communauté, elle détermine également son ouverture aux autres dans un monde où aucune culture ne peut plus survivre dans l’isolement. » La culture prend toute son importance dans l’idéologie de développement et elle se doit de prendre sa place, entre autres, au niveau du maintien de la paix où elle peut jouer un rôle des plus importants. Elle pourrait faire valoir les affinités essentielles qui réunissent les humains du monde entier afin qu’ils se reconnaissent enfin un avenir commun.

 

Il est aussi important de noter le statut immuable de la culture, c’est-à-dire de prendre celle-ci dans une perspective de continuel changement : « On peut concevoir la culture comme une force créatrice permettant de faire face au changement et de l’intégrer. » La culture est avant tout un concept plutôt qu’une réalité. On doit prendre celle-ci sous la forme d’une idée qui s’est développée au cours des années. Si la culture est si difficile à cerner c’est, entre autres, dû à son caractère contradictoire, à sa dualité, puisqu’elle est à la fois un héritage du passé et cette force créatrice face au changement tel que mentionné. La culture est ce qui différencie les individus des autres, mais elle est également ce qui les rassemble et qui parfois, même, les détruit. Dans une optique de développement, je crois que la culture doit s’inscrire dans un concept en évolution, dans une idée d’ouverture sur le monde plutôt qu’enfermée sur elle-même tel qu’il en est question dans Le rapport mondial sur la culture 1998 de Robert Borofsky. Le problème de nos sociétés modernes est que le changement fait peur. L’humain déplore constamment la perte des valeurs, de l’identité culturelle, de la culture en fait. Il oublie que la culture ne disparaît pas, mais plutôt qu’elle évolue. C’est plutôt d’accepter l’idée du changement qui est difficile. Tout comme l’humain, la culture s’imprègne des autres pour se créer sa propre identité. Ainsi, chaque culture tire son essence des cultures qui lui sont voisines : « Il n’existe pas de culture hermétiquement fermée […] toutes les cultures sont influencées par d’autres cultures, sur lesquelles elles influent à leur tour. » Tout comme le monde et les êtres humains qui y vivent, la culture doit évoluer si elle veut rester en vie, si elle veut conserver un sens aux yeux des humains. On dit souvent que « les temps changent et les mentalités aussi ». Il en va de même pour la culture, et c’est tout à fait normal.

Je crois que la culture possède une place des plus essentielles dans le développement, j’irais même jusqu’à dire que l’un ne va pas sans l’autre puisque tous les deux sont en continuel changement. La culture est un de ces sujets actuellement explosifs en plus d’être l’un des termes les plus durs à définir. Un des discours qui est récurrent aujourd’hui face à la perte de nos valeurs devrait justement être pris comme « un processus créatif de reconstitution et de réaffirmation desdites valeurs. » Le fait de prendre conscience du changement est une façon de se regarder nous-mêmes en tant que peuple à savoir où nous sommes allés, où nous sommes rendus, et surtout vers quoi nous nous dirigeons.   

 

 

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Image par False illusion : http://falseillusionphoto.wordpress.com/

 

 

 

 



Mens-moi si tu veux?
7 août 2008, 12:59
Classé dans : monde, philosophie

 

Est-ce qu’une certaine forme de franchise est encore possible dans ce monde de mensonges illusoires où la vie de chacun se qualifie de simple autofiction? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous, continuer à vivre dans le superficiel et accepter le mensonge qui vous va le mieux, ou creuser un peu plus loin et accepter certaines vérités, qui certes ne sont pas toujours faciles à entendre, mais qui peuvent, au-delà de nos attendes, nous faire grandir davantage qu’à l’intérieur de notre quotidien monde d’illusions? À chacun des jours de notre vie, nous nous contentons d’obtenir des autres les discours que nous souhaitons entendre, parce qu’ils nous rassurent et flattent notre confort personnel. Voir la vie d’un autre œil c’est aussi être bien dans son corps et dans son esprit, mais aussi savoir se remettre en question lorsqu’il se doit. L’homme est fait de doutes et c’est ce qu’y fait qu’il évolue constamment. L’humain qui cesse de se poser des questions n’est plus un homme, mais un être qui prend son mensonge comme habit de tous les jours. La franchise, c’est tenter de ne pas se mentir à soi-même et aux autres, c’est établir des certitudes qu’on remet en cause par la suite, car rien n’est plus incertain que la vérité, car la vérité n’existe pas. Tout ce qu’elle possède c’est des points de vue qui aiment à évoluer pour que l’humain ne cesse de grandir afin qu’il sorte de son état de stagnation qui, certes, pourrait être beaucoup plus rassurant. Les choses sont plus faciles à dire qu’à faire me direz-vous? C’est bien vrai. Mais rien n’est acquis et tout est à construire, y compris votre vie.

 

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Image : http://limubay.deviantart.com/art/lips-61229748