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Le parco
urs de la femme porteuse de la nouvelle orthographe au Québec.
C’est dans son bureau de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) que Chantal Contant, chargée de cours au département de linguistique, m’accueille, un sourire collé aux lèvres. C’est pourtant par hasard que cette passionnée de la langue s’est retrouvée à étudier la linguistique. Celle qui voulait d’abord étudier en journalisme a été amenée à découvrir la science du langage qui depuis ne la quitte plus.
C’est d’un pas pressé et contente de me voir que Mme Contant m’ouvre la porte de son bureau qu’elle partage avec plusieurs collègues, heureusement absents pour notre période d’entrevue. Celle-ci m’avoue qu’elle est restée en linguistique parce que son côté mathématique l’a poussée à s’intéresser à la linguistique informatique. C’est de cette façon qu’elle s’est retrouvée à programmer des logiciels informatiques de correction du français. Elle est d’ailleurs la grammairienne-informaticienne derrière Antidote, logiciel bien connu de la langue française.
De l’enseignement aux machines à ne plus faire de fautes, elle s’est mise à enseigner aux humains à bien écrire. « Je me suis dit, je vais nuire à mon propre travail! Le jour où la machine va être parfaite, il n’y aura plus d’humains sur les bancs d’écoles », me dit-elle d’un rire discret puisqu’au fond elle sait très bien que la machine ne sera jamais parfaite. Elle renchérit en expliquant que, après tout, on aura toujours besoin de connaitre[1] notre français malgré la présence des correcteurs informatiques.
La messagère de la nouvelle orthographe
C’est dans la folie des derniers temps, sur la nouvelle orthographe et les rumeurs qui s’en suivent, qu’on a pu voir Chantal Contant courir les médias et les conférences, en plus de sa présence au Salon du livre, afin d’apaiser la conscience des âmes inquiètes pour leur bon vieux français. En effet, celle qui sert de porte-parole pour la nouvelle orthographe au Québec m’explique comment elle en est venue à obtenir ce rôle. Déjà au courant des changements apportés à la langue depuis le début des années 90, c’est en septembre 2003 qu’elle et l’équipe de l’UQAM décident de mettre à jour l’enseignement donné aux étudiants en grammaire en adoptant la nouvelle orthographe. Dans les semaines suivantes, elle reçoit un appel d’Europe lui demandant si l’UQAM applique la nouvelle orthographe dans son institution. Étonnée, elle leur répond que les professeurs de français de l’UQAM l’enseignent depuis peu!
Groupe québécois pour la modernisation de la norme du français
Une brochure explicative sur la nouvelle orthographe[2] circulait déjà en France, en Belgique et en Suisse, pays où des associations sans but lucratif pour la nouvelle orthographe existaient. Afin d’avoir accès à cette brochure, Chantal Contant ainsi que deux collègues de l’Université de Montréal et du HEC mettent sur pied, en janvier 2004, le Groupe québécois pour la modernisation de la norme du français (GQMNF), qui s’intègre alors au réseau international pour la nouvelle orthographe (le RENOUVO). C’est fièrement qu’elle m’annonce que le GQMNF compte plus de 2000 membres à ce jour.
Les rectifications orthographiques, un nivèlement par le bas?
Avec toutes les rumeurs qui ont pu circuler, c’est certain que l’explication de la nouvelle orthographe au public n’a pas dû être facile. Cette spécialiste de la nouvelle orthographe me dit pourtant qu’elle s’y attendait, et même que ce n’est pas si mal que ça! Des 5000 mots touchés par la nouvelle orthographe, ce sont les mêmes trois mots qui font paniquer les gens. C’est le cas, par exemple, du mot « nénufar » qui en a fait paniquer plus d’un. Chantal Contant m’explique alors que « nénufar » était une erreur dans le dictionnaire en 1935. Et on le sait, lorsqu’une erreur se glisse dans le dictionnaire, ça devient une erreur mondiale! Dans le cas de « nénufar », il s’agissait d’une rumeur qui circulait depuis quelques décennies comme quoi ce mot viendrait du grec alors qu’il trouve plutôt ses origines dans la langue arabe! Les gens généralisent, pensant qu’on bafoue notre langue. Alors qu’au contraire, dans le cas du mot nénufar, c’est un respect pour l’histoire de ce mot. Elle ajoute, sur un ton humoristique, que « Les gens n’ont plus à s’affoler pour l’éléphant et la philosophie qui vont garder leur « ph » grec ». Lorsque’on explique ça au public, et bien il dédramatise.
Quelques conseils à donner?
« C’est certain que les enseignants doivent cesser d’enseigner des exceptions qui n’en sont plus » Elle me mentionne qu’il est important de montrer aux enfants que le français ce n’est pas une montagne d’exceptions. Le français c’est un système. Il y a des règles derrière ça, « Il faut arrêter de s’aveugler avec les exceptions ». Dans l’accord verbe/sujet, par exemple, c’est 4% des cas qui sont des exceptions. Pour le reste, soit 96%, il s’agit de la règle générale. Et pourtant, c’est cette règle générale-là qui est mal appliquée. Le but n’était pas de simplifier pour simplifier me dit-elle franchement. Ces rectifications sont là pour apporter de la cohérence, rendant même plus facile l’apprentissage de notre langue. L’important c’est donc de rester à jour? Bien sûr, me répond-elle automatiquement! Les médecins ne doivent pas prescrire les mêmes pilules qu’il y a 30 ans, il en va de même pour tous les autres métiers, « c’est juste normal d’évoluer ».
Lorsque je lui demande, en terminant, son point de vue sur l’avenir du français, elle fait résonner un rire franc et pourtant porteur d’espoir en me disant qu’elle aime mieux ne pas y penser! « Je sais que ça va prendre du temps, au moins 20 ans avant que ça soit vraiment intégré, assimilé […] mais avant que les gens perdent leur vieilles habitudes, ça va prendre du temps aussi, au moins une autre génération. » C’est pourtant des étoiles dans les yeux que cette « messagère de la nouvelle orthographe » clôt notre entretien. Une volonté qui, je crois, sera loin de lui faire défaut pour les obstacles à venir.
[1] Cet article est écrit en nouvelle orthographe. Pour plus d’information : www.nouvelleorthographe.info.
[2] RENOUVO. Le millepatte sur un nénufar; Vadémécum de l’orthographe recommandée. RENOUVO, Édition De Champlain S. F, Québec, 2008
Stephen Harper devrait lire L’âge de l’accès de Jeremy Rifkin (Président de la Fondation on Economic Trends, à Washington) car lorsque je le vois agir ou parler, je constate qu’il est loin d’avoir compris la véritable nature des changements qui s’opèrent dans le monde et la nouvelle culture capitaliste. La droite conservatrice, entre autres, est convaincue d’une idée qui s’avère fausse la plupart du temps, c’est-à-dire le principe “que c’est une économie saine qui nourrit une vie sociale active” alors qu’il s’agit presque toujours du contraire. Rifkin dit qu’une économie qui prospère est une économie qui s’appuie sur la force des liens sociaux et communautaires. Certaines institutions internationales commencent à saisir le changement qui s’opère dans les sociétés, c’est-à-dire la forte relation entre économie et culture. Après avoir pensé que le renforcement de l’économie favoriserait le développement social et constaté l’échec d’une telle démarche, les organismes se sont rendus compte que l’économie dépendait de la force de ce fameux lien social, et non le contraire.

La portée et l’étendue des activités du troisième secteur, celui qu’on nomme culture, surpassent plus que souvent celles du secteur de l’État ou encore du secteur privé. Tout cela participe à l’articulation de revendications, à la dénonciation d’abus de pouvoir. La culture est indispensable à la survie des sociétés démocratiques.
En plus de tout cela, dans l’ère d’un hypercapitalisme, la culture s’avère le point central de l’économie mondiale. Car de nos jours ce ne sont plus les possessions matérielles qui comptent, mais la consommation d’expériences, la vente de services. Ces expériences de tous genres sont rendues le marché actuelle et il est primordiale de comprendre ces nouveaux enjeux qui construiront notre futur économie (et qui la construisent déjà d’ailleurs)
Si vous voulez un résumé du livre vous pouvez cliquer sur le lien suivant: http://www.cndp.fr/revueDEES/notelecture/200510-15.htm
