Je lisais un article tout récemment qui m’a bien fait réfléchir sur notre façon de percevoir les apparences. On le sait bien les apparences sont trompeuses, il paraît oui…du moins c’est ce qu’on dit. Mais peut-être bien que c’est le sentiment d’être trompé par
eux qui est un piège. Notez bien la différence. On aime bien rencontrer quelqu’un et lui donner involontairement un étiquette, qu’on le veuille ou non, et on se sent fier d’avoir découvert chez cette personne un aspect qui a priori ne sautait pas aux yeux, du moins c’est ce qu’on se fait croire. Ce qui est dure à admettre c’est que nous avons tout sous les yeux. On se montre bien ce qu’on veut voir, le reste on le cache sous le tapis avec la poussière. « Tel un comédien dont les spectateurs savent qu’il récite un texte, l’apparence n’induit en erreur qu’en renseignant immédiatement celui qui l’observe sur l’erreur qu’elle propose. »
Une chose est drôle pourtant. On dit souvent que la première impression est importante. Pourtant, dans notre mentalité, il faut aller voir plus loin que cela, et c’est tout à fait louable, mais cette première impression, cette première intuition je dirais, peut, elle aussi, être d’une très grande révélation.
Personne ne veut être dupe des apparences, tout le monde veut sortir de la noirceur, rejoindre la vérité, le « monde vrai ».
« La société du spectacle est aussi le spectacle de la société qui s’admire et se félicite de n’être pas dupe du spectacle qu’on lui propose. »
« Nous avons tout sous les yeux, mais il est plus difficile d’admettre ce qu’on sait, que de découvrir ce qu’on ignore. » Tout comme il est difficile de garder les yeux ouverts quand tout le monde les a fermés.
Inspiré de : Les apparences, Raphaël Enthoven. Philosophie magazine. Mensuel no 17, mars 2008