Le virtuel se mêle au réel
31 03 2008
Si vous vous perdiez déjà entre les deux univers de la fiction et de la réalité dans votre vie quotidienne, ce qui suit pourrait bien vous surprendre : dans un monde pas si lointain, vous ne serez plus les seuls…
Le virtuel se mêle au réel sur les lentilles de contact
LE MONDE | 29.03.08 | 15h04
Au cours des prochaines décennies, les mondes réel et virtuel vont devenir progressivement indissociables. En conséquence, les écrans et les lunettes de réalité virtuelle que nous utilisons aujourd’hui deviendront de plus en plus inadaptés à la coexistence des deux univers. A chaque instant de la vie quotidienne, il faudra en effet pouvoir consulter courriels et pages Web sans quitter des yeux l’environnement réel.
Babak Parviz y travaille. A 34 ans, ce professeur assistant en ingénierie électrique de l’université de Washington prépare une solution radicale pour assurer un meilleur modus vivendi entre ces deux mondes : une lentille de contact permettant d’intégrer l’écran à l’oeil lui-même. Sur cette prothèse minimaliste pourraient s’afficher les informations provenant de multiples sources : indications du tableau de bord d’une voiture ou d’un avion, données cartographiques, décor de jeu vidéo, pages Web, courrier électronique. L’originalité des travaux de Babak Parviz, qui compte parmi les lauréats du prix Young Innovators 2007 décerné par la Technology Review du Massachusetts Institute of Technology (MIT) : l’association de la miniaturisation extrême et de la transparence, qui permet de superposer les informations virtuelles à la vision naturelle. La lentille a été testée pendant 20 minutes sur l’oeil d’un lapin sans réactions négatives. Mais nombre de défis technologiques restent à relever avant d’envisager pour cet objet un usage courant.“Pour l’instant, nous avons démontré qu’il est possible de réaliser l’auto-assemblage de composants en silicium, de circuits électroniques et de diodes électroluminescentes à l’échelle du micron, puis de les encapsuler dans une lentille en polymère biocompatible”, précise le chercheur. Du fait de l’impossibilité de manipuler des objets aussi petits, l’assemblage de la lentille doit se réaliser tout seul (taux de réussite actuel : 97 %), sous l’effet des seules forces de capillarité et des formes données aux divers éléments qui la composent.Autre difficulté majeure : établir le lien entre l’écran et les données à afficher. Une mini-antenne intégrée à la lentille pourrait jouer ce rôle, en captant des informations transmises par radio.Cet écran bionique sera-t-il bientôt accessible au grand public ? “Cela dépend des soutiens que nous obtiendrons et des difficultés imprévues que nous pourrons rencontrer”, répond Babak Parviz. Michel AlbergantiArticle paru dans l’édition du 30.03.08.
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Catégories : actualité, technologie
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