Si vous vous perdiez déjà entre les deux univers de la fiction et de la réalité dans votre vie quotidienne, ce qui suit pourrait bien vous surprendre : dans un monde pas si lointain, vous ne serez plus les seuls…
Le virtuel se mêle au réel sur les lentilles de contact
LE MONDE | 29.03.08 | 15h04
Au cours des prochaines décennies, les mondes réel et virtuel vont devenir progressivement indissociables. En conséquence, les écrans et les lunettes de réalité virtuelle que nous utilisons aujourd’hui deviendront de plus en plus inadaptés à la coexistence des deux univers. A chaque instant de la vie quotidienne, il faudra en effet pouvoir consulter courriels et pages Web sans quitter des yeux l’environnement réel.
Babak Parviz y travaille. A 34 ans, ce professeur assistant en ingénierie électrique de l’université de Washington prépare une solution radicale pour assurer un meilleur modus vivendi entre ces deux mondes : une lentille de contact permettant d’intégrer l’écran à l’oeil lui-même. Sur cette prothèse minimaliste pourraient s’afficher les informations provenant de multiples sources : indications du tableau de bord d’une voiture ou d’un avion, données cartographiques, décor de jeu vidéo, pages Web, courrier électronique. L’originalité des travaux de Babak Parviz, qui compte parmi les lauréats du prix Young Innovators 2007 décerné par la Technology Review du Massachusetts Institute of Technology (MIT) : l’association de la miniaturisation extrême et de la transparence, qui permet de superposer les informations virtuelles à la vision naturelle. La lentille a été testée pendant 20 minutes sur l’oeil d’un lapin sans réactions négatives. Mais nombre de défis technologiques restent à relever avant d’envisager pour cet objet un usage courant.“Pour l’instant, nous avons démontré qu’il est possible de réaliser l’auto-assemblage de composants en silicium, de circuits électroniques et de diodes électroluminescentes à l’échelle du micron, puis de les encapsuler dans une lentille en polymère biocompatible”, précise le chercheur. Du fait de l’impossibilité de manipuler des objets aussi petits, l’assemblage de la lentille doit se réaliser tout seul (taux de réussite actuel : 97 %), sous l’effet des seules forces de capillarité et des formes données aux divers éléments qui la composent.Autre difficulté majeure : établir le lien entre l’écran et les données à afficher. Une mini-antenne intégrée à la lentille pourrait jouer ce rôle, en captant des informations transmises par radio.Cet écran bionique sera-t-il bientôt accessible au grand public ? “Cela dépend des soutiens que nous obtiendrons et des difficultés imprévues que nous pourrons rencontrer”, répond Babak Parviz. Michel AlbergantiArticle paru dans l’édition du 30.03.08.
Comment vous sentiriez vous si on vous privait de votre liberté? Vous vous laisseriez faire sans rien dire? Ça m’étonnerait. Alors pourquoi lorsqu’il s’agit des autres on s’en fou et on ferme les yeux prétextant notre incompréhension et l’inutilité de gestes comme le boycottage des jeux de Pékin afin de montrer notre désapprobation face à cette situation de crise qui met à mort la liberté d’humains? Sommes-nous tombés si profond dans notre individualisme pour refuser de faire un geste, qui peut-être ne changera rien diront certains si on se fit à l’impact du boycottage des jeux olympiques de 1980, mais où est rendu la raison?
Quand je vois des gens tel que Condoleezza Rice affirmer « qu’une telle décision serait une trahison pour les champions américains. “Je considère qu’il s’agit d’entretenir la confiance des athlètes qui se sont entraînés toute leur vie pour cette occasion et qui ne doivent pas en être privés.” » Je ne peux m’empêcher de dire : et la liberté que les tibétains réclament depuis des lustres, peut-on les en priver eux ?
lundi 17 mars 2008
Etat d’urgence au Tibet
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-17-Tibet
Après les violences de la semaine dernière à Lhassa, l’armée a pris le contrôle de la capitale tibétaine. Les manifestations des moines bouddhistes, à l’occasion du 49e anniversaire de l’exil du dalaï-lama à Dharamsala (en Inde), ont fait plusieurs morts : quatre-vingt selon les représentants tibétains en exil, treize selon les autorités chinoises. Impossible d’avoir une idée précise. De toute évidence, les victimes se comptent parmi les religieux tibétains, mais aussi parmi les habitants hans et huis, accusés par les manifestants de colonisation. Le dalaï-lama a rappelé le 16 mars que le « gouvernement en exil » se prononçait en faveur d’une réelle autonomie, et non de l’indépendance (lire « Paradoxale “voie du milieu” au Tibet »). Bien que le Tibet figure officiellement parmi les Régions autonomes chinoises, il ne dispose d’aucune liberté : non seulement la religion y est sous contrôle — comme dans l’ensemble de la Chine —, mais la culture est écrasée (sauf le folklore), et l’implantation des non-Tibétains (des Hans, principalement, et des musulmans huis) favorisée. Le président chinois Hu Jintao, qui était secrétaire du parti communiste chinois au Tibet lors des manifestations réprimées en 1989, a renforcé cette pression, avec la construction du train Pékin-Lhassa, outil de désenclavement extraordinaire, mais également aide efficace à l’implantation han.
« De Myspace aux blogs, des palais de la République aux émissions de télé-réalité, l’obsession de soi-même est le lot de notre époque. Mais qui sont vraiment les Narcisses contemporains? La redécouverte de la pensée de L’Américain Christopher Lasch s’impose, permettant de prendre un peu de distance et d’échapper aux lieux communs. Alors que l’ « amour de soi » traditionnel sous-tend « un sens du moi fort et stable ». « les Narcisses contemporains souffrent d’un sentiment d’inauthenticité et de vide intérieur » (La Culture du narcissisme, 1979). Ces expressions mettent en lumière l’ « homme psychologique de notre temps » dont Lasch a dessiné les contours en vue d’interroger notre culture. Pertinente, l’œuvre de cet intellectuel inclassable (1932-1994), issu de la gauche mais réfractaire à la religion du progrès, est une référence. Un seul ouvrage de lui n’avait pas encore été traduit en français, c’est désormais chose faite avec la parution du Moi assiégé. Essai sur l’érosion de la personnalité (Climats) Publié en 1984 sous le titre The Minimal Self, l’ouvrage prolonge La Culture du narcissisme en s’interrogant sur la difficulté du sujet contemporain à penser son individualité par rapport au monde. Lasch y brosse un portrait d’une individualité faible qui peine à cerner les contours du son « moi », en proie à une double illusion narcissique : le désir de toute-puissance laisse croire que le monde est à son image, et l’impression de n’en être qu’un simple jouet nourrit le sentiment de persécution. [..] »
« Dans une époque troublée comme la nôtre, la vie quotidienne se transforme en un exercice de survie. Les gens vivent au jour le jour. Ils évitent de penser au passé, de crainte de succomber à une « nostalgie » déprimante : et lorsqu’ils pensent à l’avenir, c’est pour y trouver comment se prémunir des désastres que tous ou presque s’attendent désormais à affronter »
Ces citations sont extraits d’un article du Philosophie magazine (mensuel N°17, mars 2008)http://www.philomag.com/