Pardonnez-moi si j’ai pêché

L’homme est cet être qui fuit sans cesse son incontournable fatalité. Pourquoi l’homme fuit-il sans cesse la réalité? Parce qu’il sait fondamentalement que chaque vie a une fin, qu’il s’agit là d’une règle établie à laquelle il est impossible de se soustraire. Il est question ici de la finitude de la condition humaine, un réel des plus indésirables, notre obstination; notre détournement de la réalité. Selon Clément Rosset (philosophe qui défend un réalisme radical), « Il faut distinguer trois types de réel : un réel bienheureux avec lequel on s’accorde volontiers, un réel qui nous est indifférent et, enfin, un réel insupportable qu’on cherche à fuir, auquel on préfère des doubles. »

 

Et, nous le savons, l’homme est sans cesse à la recherche d’échappatoires face au réel. Les religions viennent exactement de cette idée de l’homme à refuser la réalité. Et la société d’aujourd’hui vit dans une éternelle illusion. L’homme s’accrocherait à la religion parce qu’il s’agit d’un autre moyen de refuser la réalité et que la religion lui promet un paradis alors que si l’homme se détourne constamment du réel c’est justement pour fuir son destin inévitable.

 

Le problème de ce monde est de se doter d’utopies plutôt que de réelles façons de régler les choses. Les utopies, comme nous l’ont montré l’histoire ont été plus dévastatrices qu’autres choses puisque souvent elles ont amenées les pires désastres que le monde est connu. Ce qu’il faut ce n’est pas créer un autre monde (car de cette façon nous continuons dans l’illusion et le dédoublement de la réalité) ce qu’il faut c’est trouver des moyens de rendre meilleure la réalité qui nous afflige ici et maintenant.

 

Je me fous de savoir s’il y a un paradis, la religion ce n’est pas pour moi. J’ai mes propres croyances et ça me suffit à avancer dans la vie, dans la réalité. Pardonnez-moi si j’ai pêché, mais au moins j’aurai tenté de vivre et d’affronter le réel, avec les joies et les souffrances, les apprentissages, mais surtout le bonheur que celui-ci peut apporter quand on a enfin appris à l’accepter.

le cerveau en mode repos

AFP - Mardi 22 avril, 13h57

CHICAGO (AFP) - Des scientifiques ont découvert qu’en effectuant des tâches répétitives et monotones, le cerveau se mettait involontairement en mode repos environ trente secondes avant qu’une erreur ne se produise.

En étudiant l’état dans lequel se trouvait le cerveau, les scientifiques ont ainsi pu prédire des erreurs avant qu’elles ne surviennent, selon l’étude publiée lundi dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

“Il y a cette situation probablement intrinsèque où votre cerveau dit qu’il a besoin d’une petite pause et vous ne pouvez rien y faire”, a expliqué le principal auteur de l’étude Tom Eichele de l’université de Bergen en Norvège. “Tout le monde connaît sans doute le sentiment que parfois votre cerveau n’est pas aussi réceptif ou performant et que vous n’avez rien fait pour que cela se produise”, a-t-il ajouté.

Quand cela arrive, le sang afflue dans la zone du cerveau qui est plus active en mode repos. Et vu que cet état débute quelque 30 secondes avant qu’une erreur ne soit commise, il pourrait être possible de créer un système d’alerte pour renforcer la concentration et la vigilance, par exemple chez les contrôleurs aériens, a déclaré M. Eichele.

“Nous pourrions peut-être élaborer un appareil (qui pourrait être placé) sur la tête de ceux qui doivent prendre (ce type) de décisions”, a-t-il indiqué à l’AFP. “Nous pouvons mesurer le signal et informer l’utilisateur que son cerveau est dans un mode où ses décisions ne seront pas les bonnes”.

Un prototype d’éléctroencéphalogrammes portatifs est actuellement en développement et pourrait être mis sur le marché d’ici dix à quinze ans, a précisé le chercheur.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080422/tod-usa-norvege-science-sante-insolite-7f81b96.html

Ne vous fiez pas aux apparences?

Je lisais un article tout récemment qui m’a bien fait réfléchir sur notre façon de percevoir les apparences. On le sait bien les apparences sont trompeuses, il paraît oui…du moins c’est ce qu’on dit. Mais peut-être bien que c’est le sentiment d’être trompé par  eux qui est un piège. Notez bien la différence. On aime bien rencontrer quelqu’un et lui donner involontairement un étiquette, qu’on le veuille ou non, et on se sent fier d’avoir découvert chez cette personne un aspect qui a priori ne sautait pas aux yeux, du moins c’est ce qu’on se fait croire. Ce qui est dure à admettre c’est que nous avons tout sous les yeux. On se montre bien ce qu’on veut voir, le reste on le cache sous le tapis avec la poussière.  « Tel un comédien dont les spectateurs savent qu’il récite un texte, l’apparence n’induit en erreur qu’en renseignant immédiatement celui qui l’observe sur l’erreur qu’elle propose. »

 

Une chose est drôle pourtant. On dit souvent que la première impression est importante. Pourtant, dans notre mentalité, il faut aller voir plus loin que cela, et c’est tout à fait louable, mais cette première impression, cette première intuition je dirais, peut, elle aussi, être d’une très grande révélation.

 

Personne ne veut être dupe des apparences, tout le monde veut sortir de la noirceur, rejoindre la vérité, le « monde vrai ».

 

« La société du spectacle est aussi le spectacle de la société qui s’admire et se félicite de n’être pas dupe du spectacle qu’on lui propose. »

 

« Nous avons tout sous les yeux, mais il est plus difficile d’admettre ce qu’on sait, que de découvrir ce qu’on ignore. » Tout comme il est difficile de garder les yeux ouverts quand tout le monde les a fermés.

 

 

Inspiré de : Les apparences, Raphaël Enthoven. Philosophie magazine. Mensuel no 17, mars 2008

 

réalité déformée

La fin de l’art institutionnel?

spece_de_courge_by_yo0pitra_lala.jpgLa reconnaissance internationale est-elle nécessaire à l’obtention du soutien de notre propre pays? 

Je crois qu’il faut commencer par se connaître soi-même avant d’essayer de connaître les autres. Il en va de même pour l’art tout comme l’identité d’un peuple : « J’ai toujours cru que l’art devait incarner la société et le territoire qu’il occupe et que le choix d’aller voir ailleurs arrive après l’affirmation de son identité. » Je dirais donc qu’il n’est absolument pas nécessaire que la reconnaissance internationale nous apporte le soutien de notre pays. Le soutien de notre pays nous devrions l’avoir dès le départ pour, par la suite, s’approprier la reconnaissance des autres nations parce que nous serons fiers de présenter ce que nous avons fait du côté de l’avancement en art de tout genre. Je dirais que présentement l’art représente la société parce que nous ne la soutenons pas assez, et c’est également ce que nous faisons de nos valeurs. Et comme le dit René Derouin : « soutenir l’art, c’est soutenir ses propres valeurs, sinon il n’y a plus de pays. »

L’art doit-il être considéré comme un univers hermétiquement fermé et difficile d’accès, dû entre autres à sa trop grande institutionnalisation, ou comme un reflet de la société représentant l’urgence de bâtir des liens à travers nos valeurs? 

Actuellement, l’art nous est présenté comme quelque chose d’inaccessible, de nébuleux, d’intellectuellement difficile à comprendre, mais pourquoi cela, pourquoi une telle image? Nous sommes des artistes institutionnalisés qui cherchent un public, malheureusement restreint pour l’instant, dans une société où le choix d’aller voir ailleurs arrive avant l’affirmation de son identité. L’art, en général, devrait être accessible à tous puisqu’elle suppose être un reflet de la société dans lequel l’homme se reconnaît et s’affirme. Les musées devraient envisager d’intégrer l’aspect social et identitaire au lieu de s’asseoir sur une icône pendant 20 ans (le cas du Musée d’art contemporain avec le Refus Global). Je crois que l’art doit s’ouvrir à un nouvelle ère de pensée où l’appui des grands médias de communication où encore simplement la reconnaissance sur la place publique de la part de la société aura une place. Notre vision mériterait d’être réajustée, les lunettes que nous portons ne sont peut-être plus les bonnes. Une visite chez l’optométriste s’impose?

Le virtuel se mêle au réel

oeil_by_lieria.jpgSi vous vous perdiez déjà entre les deux univers de la fiction et de la réalité dans votre vie quotidienne, ce qui suit pourrait bien vous surprendre : dans un monde pas si lointain, vous ne serez plus les seuls…

Le virtuel se mêle au réel sur les lentilles de contact

LE MONDE | 29.03.08 | 15h04  

Au cours des prochaines décennies, les mondes réel et virtuel vont devenir progressivement indissociables. En conséquence, les écrans et les lunettes de réalité virtuelle que nous utilisons aujourd’hui deviendront de plus en plus inadaptés à la coexistence des deux univers. A chaque instant de la vie quotidienne, il faudra en effet pouvoir consulter courriels et pages Web sans quitter des yeux l’environnement réel.

Babak Parviz y travaille. A 34 ans, ce professeur assistant en ingénierie électrique de l’université de Washington prépare une solution radicale pour assurer un meilleur modus vivendi entre ces deux mondes : une lentille de contact permettant d’intégrer l’écran à l’oeil lui-même. Sur cette prothèse minimaliste pourraient s’afficher les informations provenant de multiples sources : indications du tableau de bord d’une voiture ou d’un avion, données cartographiques, décor de jeu vidéo, pages Web, courrier électronique. L’originalité des travaux de Babak Parviz, qui compte parmi les lauréats du prix Young Innovators 2007 décerné par la Technology Review du Massachusetts Institute of Technology (MIT) : l’association de la miniaturisation extrême et de la transparence, qui permet de superposer les informations virtuelles à la vision naturelle. La lentille a été testée pendant 20 minutes sur l’oeil d’un lapin sans réactions négatives. Mais nombre de défis technologiques restent à relever avant d’envisager pour cet objet un usage courant.“Pour l’instant, nous avons démontré qu’il est possible de réaliser l’auto-assemblage de composants en silicium, de circuits électroniques et de diodes électroluminescentes à l’échelle du micron, puis de les encapsuler dans une lentille en polymère biocompatible”, précise le chercheur. Du fait de l’impossibilité de manipuler des objets aussi petits, l’assemblage de la lentille doit se réaliser tout seul (taux de réussite actuel : 97 %), sous l’effet des seules forces de capillarité et des formes données aux divers éléments qui la composent.Autre difficulté majeure : établir le lien entre l’écran et les données à afficher. Une mini-antenne intégrée à la lentille pourrait jouer ce rôle, en captant des informations transmises par radio.Cet écran bionique sera-t-il bientôt accessible au grand public ? “Cela dépend des soutiens que nous obtiendrons et des difficultés imprévues que nous pourrons rencontrer”, répond Babak Parviz. Michel AlbergantiArticle paru dans l’édition du 30.03.08.  

pouvoir et liberté

radcb585.jpgComment vous sentiriez vous si on vous privait de votre liberté? Vous vous laisseriez faire sans rien dire? Ça m’étonnerait. Alors pourquoi lorsqu’il s’agit des autres on s’en fou et on ferme les yeux prétextant notre incompréhension et l’inutilité de gestes comme le boycottage des jeux de Pékin afin de montrer notre désapprobation face à cette situation de crise qui met à mort la liberté d’humains? Sommes-nous tombés si profond dans notre individualisme pour refuser de faire un geste, qui peut-être ne changera rien diront certains si on se fit à l’impact du boycottage des jeux olympiques de 1980, mais où est rendu la raison?

Quand je vois des gens tel que Condoleezza Rice affirmer «  qu’une telle décision serait une trahison pour les champions américains. “Je considère qu’il s’agit d’entretenir la confiance des athlètes qui se sont entraînés toute leur vie pour cette occasion et qui ne doivent pas en être privés.” » Je ne peux m’empêcher de dire : et la liberté que les tibétains réclament depuis des lustres, peut-on les en priver eux ? 

lundi 17 mars 2008

Etat d’urgence au Tibet

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-17-Tibet

Après les violences de la semaine dernière à Lhassa, l’armée a pris le contrôle de la capitale tibétaine. Les manifestations des moines bouddhistes, à l’occasion du 49e anniversaire de l’exil du dalaï-lama à Dharamsala (en Inde), ont fait plusieurs morts : quatre-vingt selon les représentants tibétains en exil, treize selon les autorités chinoises. Impossible d’avoir une idée précise. De toute évidence, les victimes se comptent parmi les religieux tibétains, mais aussi parmi les habitants hans et huis, accusés par les manifestants de colonisation. Le dalaï-lama a rappelé le 16 mars que le « gouvernement en exil » se prononçait en faveur d’une réelle autonomie, et non de l’indépendance (lire « Paradoxale “voie du milieu” au Tibet »). Bien que le Tibet figure officiellement parmi les Régions autonomes chinoises, il ne dispose d’aucune liberté : non seulement la religion y est sous contrôle — comme dans l’ensemble de la Chine —, mais la culture est écrasée (sauf le folklore), et l’implantation des non-Tibétains (des Hans, principalement, et des musulmans huis) favorisée. Le président chinois Hu Jintao, qui était secrétaire du parti communiste chinois au Tibet lors des manifestations réprimées en 1989, a renforcé cette pression, avec la construction du train Pékin-Lhassa, outil de désenclavement extraordinaire, mais également aide efficace à l’implantation han.

L’obsession de soi

le_monde_et_moi_by_swedey.jpg« De Myspace aux blogs, des palais de la République aux émissions de télé-réalité, l’obsession de soi-même est le lot de notre époque. Mais qui sont vraiment les Narcisses contemporains? La redécouverte de la pensée de L’Américain Christopher Lasch s’impose, permettant de prendre un peu de distance et d’échapper aux lieux communs. Alors que l’ « amour de soi » traditionnel sous-tend « un sens du moi fort et stable ». « les Narcisses contemporains souffrent d’un sentiment d’inauthenticité et de vide intérieur » (La Culture du narcissisme, 1979). Ces expressions mettent en lumière l’ « homme psychologique de notre temps » dont Lasch a dessiné les contours en vue d’interroger notre culture. Pertinente, l’œuvre de cet intellectuel inclassable (1932-1994), issu de la gauche mais réfractaire à la religion du progrès, est une référence. Un seul ouvrage de lui n’avait pas encore été traduit en français, c’est désormais chose faite avec la parution du Moi assiégé. Essai sur l’érosion de la personnalité (Climats) Publié en 1984 sous le titre The Minimal Self, l’ouvrage prolonge La Culture du narcissisme en s’interrogant sur la difficulté du sujet contemporain à penser son individualité par rapport au monde. Lasch y brosse un portrait d’une individualité faible qui peine à cerner les contours du son « moi », en proie à une double illusion narcissique : le désir de toute-puissance laisse croire que le monde est à son image, et l’impression de n’en être qu’un simple jouet nourrit le sentiment de persécution. [..] » 

« Dans une époque troublée comme la nôtre, la vie quotidienne se transforme en un exercice de survie. Les gens vivent au jour le jour. Ils évitent de penser au passé, de crainte de succomber à une « nostalgie » déprimante : et lorsqu’ils pensent à l’avenir, c’est pour y trouver comment se prémunir des désastres que tous ou presque s’attendent désormais à affronter »  

Ces citations sont extraits d’un article du Philosophie magazine (mensuel N°17, mars 200 8) http://www.philomag.com/